Une institutrice qui corrige une dictée… j’adorais en faire quand j’étais plus jeune… un dictionnaire intelligent… au nombre qui s’empile parfois sur le bureau, il y aurait de quoi y perdre son latin ! non, un enquiquineur de première, vous savez la personne qui cherche la petite bête…
C’est veiller à une bonne orthographe, indissociable de la grammaire et de la syntaxe, eh oui une virgule mal placée, l’emploi des capitales. La fantaisie n’est pas de mise, on se réfère sans cesse à des ouvrages en vigueur, on obéit à un code typographique qui régit l’écrit depuis l’emploi de l’italique jusqu’à celui des abréviations, en passant par les capitales, les espaces…
Nous devons signaler les répétions, veiller à la bonne formulation (faire des suggestions, le client étant toujours le décideur final), à la cohérence de la mise en page, veiller à l’uniformité dans tout le texte des mêmes normes ortho et typographiques choisies au départ, vérifier la bonne correspondance des chapitres, pages, titres, sommaire, vérifier l’application des styles, des tableaux, bibliographies, la gestion des index et sommaires…
Cela requiert de la rigueur, une méthode, ne pas rechigner sur une lecture supplémentaire, et surtout s’attendre à et savoir travailler dans l’urgence qui devient monnaie courante dans l’édition, la communication, ce qui promet de belles soirées ou week-ends !
Savoir s’effacer devant le code typo que l’on connaît par cœur il va s’en dire, les dictionnaires et ouvrages de référence en tout genre, les règles (il y en a quelques-unes et pas des moindres), les consignes du client qui reste toujours le décideur final même devant la règle qui est écrite noir sur blanc dans l’ouvrage que vous avez sous les yeux !
Vérifier même ce que l’on croit savoir ! Avoir une bonne culture générale, avoir de bonnes notions dans beaucoup de domaines.
Il va sans dire qu’il vaut mieux travailler sur une copie du document original, à conserver précieusement, sauvegarder son travail très souvent et savoir utiliser les ressources qu’Internet nous offre.
La présence des moyens informatiques et des nouvelles technologies nous dispense parfois d’utiliser notre bon vieux stylo rouge pour apposer les signes de préparation et de correction en vigueur sur la version papier des écrits à corriger, en y effectuant directement les corrections, en les faisant ressortir par une couleur de police ou non, ou encore en insérant des notes dans des fichiers Pdf révisables pour signaler la correction à effectuer. Voir ce texte qui relate les différents éléments à vérifier et à corriger si besoin.
Histoire de vous donner une petite idée de ce qui encombre mon bureau, voici quelques ouvrages sur lesquels s’appuient mes connaissances.
Le Bescherelle(= la conjugaison) ISBN 2218922622
Un point, c’est tout !par Jean-Pierre Colignon, aux éditions du CFPJ (ISBN 2908056801)
Accord parfaits, par Jean-Pierre Colignon et Jacques Décourt (ISBN 2351130014)
Dictionnaire des difficultés de la langue française chez Larousse (ISBN 2035837111)
Dictionnaire des synonymes(Le Robert) ISBN 2849022616
Jouette, Dictionnaire de l’orthographe et d’expression écrite, collection des usuels (Le Robert) ISBN 2849022373
Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale(ISBN 2743304820)
Ce français qu’on malmène(ISBN 2701111544) et Le Français écorché, par Jean-Pierre Colignon et P.-V. Berthier (ISBN 2701110548).
Sans oublier les fautes de frappe, les lettres ou mots effacés, déplacés par erreur, les doubles espaces ou ceux qui manquent, les majuscules au milieu d’un mot en minuscules et inversement et que dire des fautes « conseillées » par certains logiciels.
Les pièges sont nombreux dans la langue et la grammaire française. Les difficultés de la langue ne se bornent pas à l’emploi de mots nouveaux ou pris dans un faux sens, il y a des problèmes pour l’orthographe, la conjugaison, la syntaxe. L’orthographe est hérissée de difficultés et parsemée d’incohérences. La conjugaison nous offre maints embarras ; le genre des mots est souvent douteux.
Les difficultés à traiter portent sur les matières les plus diverses (attention on prend son souffle !) :
- orthographe. Fautes courantes, noms composés (traits d’union, pluriels). Accentuation. Pluriel des noms étrangers…
- genre et nombre. Difficultés de genre et de nombre (poignée de main, lettre de remerciements ou remerciement)
- grammaire. Emploi des prépositions, accords des adjectifs de couleur, des participes, concordance des temps
- ponctuation (emploi des guillemets, tréma)
- barbarismes et solécismes les plus fréquents (il a demandé après vous, il vous a demandé ; comme si rien n’était, comme si de rien n’était)
- synonymes. Fautes de synonymie courantes : aquatique-marin, illettré-analphabète…
- paronymes (signaler et signaliser, acceptation et acception)
- pléonasmes (comparer entre eux, descendre en bas, marcher à pied, répéter de nouveau)
- emploi des majuscules, néologismes…
Le travail consiste en une double lecture : une « par l’esprit » qui doit se doubler en permanence d’une lecture « par le regard pour détecter les coquilles telles que les éléments sautés, rajoutés, intervertis et cela au triple niveau du mot, de la phrase et du texte :
- dans le mot : lettre sautée, répétée, intervertie, accentuation défectueuse
- dans la phrase : mot omis, redoublé, ponctuation, syntaxe
- dans le texte : lignes sautées, doublées…
Dans certains cas, la correction proprement dite peut être complétée par du travail de réécriture, il s’agit alors de modifier le texte, le couper, le compléter.
« L’orthographe est la politesse de la langue » Jean Guéhenno
L'illustration du haut a été prise ici.







C'est un travail d'orfèvre, réservé aux amoureux de la langue française.
Mais où sont les passés correcteurs de l'édition en ligne ??? Si des coquilles échappent parfois à la vigilance des correcteurs dans les colonnes des articles papier, on cherche les articles en ligne exempts de fautes d'orthographe ou d'erreurs de syntaxe.
Pourquoi n'accorde-t-on pas le même soin à l'édition électronique ?
Un métier qui disparaît ?
Rédigé par : claire de Gramont | 24 juin 2011 à 16:46
Bonjour Claire,
La manière dont les gens appréhendent l'écrit a bien changé dû sans aucun doute à l’usage que nous en faisons avec les SMS, les tweets limités à 140 caractères, etc. L’excuse peut en être que nous sommes dans le flux et bien souvent, hélas, les idées priment sur la syntaxe et la bonne écriture. Il est rare en allant sur un blog, sur les forums de discussion des réseaux sociaux comme Viadeo, Linkedin de ne pas y voir de coquilles. Et les plus belles coquilles que je vois sont faites bien souvent par des professionnels qui devraient normalement maîtriser un minimum les règles de base du français.
Rédigé par : Florence Augustine | 26 juin 2011 à 12:28